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Ambrish Maharahaje: «Cim Finance envoie un message fort au marché financier avec son entrée sur le SEMSI»

Ambrish Maharahaje: «Cim Finance envoie un message fort au marché financier avec son entrée sur le SEMSI»
18 June 2025

Dans un entretien accordé à Business Magazine, Ambrish Maharahaje, Group CEO de Cim Finance, dresse un bilan prometteur pour les perspectives d’évolution de l’entreprise. Portée par une stratégie de croissance durable, l’entreprise renforce sa position sur ses segments traditionnels tout en investissant dans l’innovation digitale et finance verte.

Il revient sur la philosophie du Groupe, livre son analyse des mesures budgétaires annoncées pour le secteur financier, évoque l’impact de l’entrée de Cim Finance au SEMSI et dévoile les prochains jalons pour s’adapter à un environnement financier compétitif et changeant.

Il y a un an, vous preniez officiellement les rênes de Cim Finance en tant que Group CEO et directeur exécutif. Vous aviez auparavant occupé le poste de Chief Operating Officer du groupe, et vous cumulez plus de vingt ans d’expérience dans des domaines tels que le leadership stratégique et opérationnel, la gouvernance d’entreprise, la gestion des risques et la conformité. Comment s’est déroulée cette transition et quel bilan tirez-vous de cette première année à la tête du groupe ?

Cette première année à la tête de Cim Finance a marqué une étape clé de mon parcours professionnel, mais surtout un moment d’écoute et de transformation partagée. Après avoir assuré l’intérim dès janvier 2024, puis été confirmé en avril, la transition a été fluide, appuyée par ma fonction de Chief Operating Officer depuis 2019, au cœur des opérations et de la gouvernance du Groupe.

J’ai pu compter sur le soutien constant de mon équipe de direction ainsi que de notre conseil d’administration, dont l’engagement et la confiance ont été déterminants pour poser les fondations d’un leadership collectif et cohérent. Ce cadre de confiance a permis d’instaurer une gouvernance solide et d’accélérer notre dynamique de transformation, dans un esprit d’ouverture, d’alignement stratégique et de rigueur.

Ce rôle m’a permis de d’échanger de manière directe avec nos 900 collaborateurs, répartis sur nos différentes entités à Maurice et dans la région. Ce contact humain m’a conforté dans la conviction que la réussite d’une entreprise repose d’abord sur une culture forte, partagée et vivante.

Mon objectif principal a été de maintenir Cim Finance dans sa position de leader sur le marché, tout en assurant sa transformation continue pour faire face aux évolutions économiques, technologiques et réglementaires. Cim Finance est une entreprise solide, avec 37 ans de service auprès de ses clients, et il est de notre responsabilité de bâtir sur cet héritage en restant innovants, agiles et rigoureux en matière de gouvernance.

Je tire un bilan très positif de cette première année, avec beaucoup de fierté, mais aussi une grande humilité face à la mission qui m’est confiée : celle de conduire le Groupe vers une croissance durable, toujours centrée sur la valeur apportée à nos clients, à nos collaborateurs et à nos partenaires.

Parlons à présent de la performance du groupe. Cim Finance est un acteur incontournable de la finance à Maurice, comme en témoigne son solide bilan financier. En 2024, le groupe a enregistré un bénéfice net de Rs 1,1 milliard. A quoi attribuez-vous cette bonne performance ?

Cette performance historique reflète la résilience et la solidité de notre modèle. Elle repose sur une gestion disciplinée de la croissance, une stratégie de maîtrise des risques, et une diversification ciblée de nos revenus. Nous avons accru notre portefeuille d’actifs, optimisé nos marges d’intérêt et contrôlé rigoureusement nos coûts.

Notre taux de prêts non performants est revenu à son niveau d’avant-Covid-19, ce qui témoigne d’une politique de crédit rigoureuse et responsable. Ce résultat renforce notre capacité à investir dans nos leviers stratégiques : digitalisation, finance durable, amélioration de l’expérience client et expansion régionale. Il valide la solidité de notre vision à long terme.

Quels sont les segments d’activités qui ont le plus contribué à ces résultats ?Les résultats solides enregistrés en 2024 sont largement portés par nos segments traditionnels, en particulier le Consumer Finance et le leasing, qui demeurent les piliers de notre modèle d’affaires.

Le crédit personnel a représenté un levier essentiel de croissance au sein de notre portefeuille Consumer Finance. Cette performance est notamment due à l’élargissement de notre gamme de produits, avec des offres allant jusqu’à six ans de remboursement, ce qui permet d’alléger les mensualités et de mieux s’adapter aux contraintes budgétaires des clients. Cette approche a été accueillie très favorablement, car elle offre davantage de flexibilité et de lisibilité, tout en répondant à des besoins de financement plus structurants.

Le Consumer Finance dans son ensemble a été le principal contributeur au chiffre d’affaires de Cim Finance. Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs : l’extension continue de notre réseau de marchands – plus de 700 partenaires aujourd’hui – le déploiement de solutions de financement responsables, et l’optimisation constante de notre credit scorecard. Le taux de prêts non performants est ainsi revenu à soit son niveau d’avant-Covid-19, ce qui reflète une gestion rigoureuse du risque.

Parallèlement, le segment du leasing a également connu une progression significative. Nous avons activement promu notre offre de leasing vert, grâce notamment au renouvellement de notre green bond, permettant le financement de véhicules hybrides, électriques et de systèmes photovoltaïques. Notre partenariat renforcé avec des concessionnaires clés et l’intégration d’une couverture assurance dans l’offre ont nettement enrichi l’expérience client.

Nous avons également élargi notre offre au marché des véhicules d’occasion et reconditionnés, en proposant des solutions de financement flexibles et accessibles, adaptées aux besoins variés des clients, qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels.

Notre approche repose sur un service clé en main, combinant financement, assurance et simplification des démarches administratives. Ce modèle intégré permet aux clients de bénéficier d’un parcours fluide, rapide et sécurisé, tout en optimisant leur expérience globale.

Le crédit à la consommation est un segment phare dans votre portefeuille de services. Quelles ont été les difficultés éprouvées notamment due à la hausse des taux d’intérêts et comment vous êtes-vous adaptés à ce contexte ?

Comme tout acteur du secteur financier, nous avons été confrontés à une série de hausses du Key Rate (anciennement Key Repo Rate), qui ont mécaniquement entraîné une augmentation de nos coûts de financement et influencé la demande. Ce contexte nous a incités à adopter une posture proactive, alliant responsabilité financière, écoute du marché et innovation dans notre offre.

Nous avons étoffé notre gamme avec des solutions à plus long terme et des mensualités allégées, conçues pour préserver le pouvoir d’achat des clients et sécuriser leur budget. Cette évolution nous a permis de soutenir une demande plus durable et de limiter les effets de la volatilité des taux.

Nous avons aussi renforcé nos outils de gestion du risque, notamment à travers une optimisation de notre credit scorecard, qui nous a permis de maintenir notre taux de prêts non performants à un niveau bas. Cette rigueur est le reflet d’une approche responsable, centrée sur une évaluation constante des capacités de remboursement.

Enfin, nous avons continué à privilégier un accompagnement humain et personnalisé, avec des solutions adaptées en cas de difficultés temporaires : rééchelonnement, facilités exceptionnelles, suivi renforcé. Cette proximité constitue un pilier de notre engagement : construire une relation de confiance durable, fondée sur la transparence, l’écoute active et l’agilité.

Le secteur financier est en pleine mutation et fait face à de multiples défis : digitalisation, intégration de technologies émergentes comme l’IA ou la blockchain, évolution réglementaire ou encore pénurie de talents qualifiés. Quelle est votre analyse de l’évolution du secteur, et comment anticipez-vous sa performance pour l’année en cours?

Le secteur financier connaît effectivement une transformation profonde, accélérée par l’adoption de technologies émergentes, une réglementation plus exigeante et des attentes client en forte évolution. Chez Cim Finance, nous avons anticipé ces mutations et placé la technologie au cœur de notre stratégie d’adaptation et de croissance.

Nous avons investi dès 2022 dans une infrastructure technologique robuste, qui nous permet aujourd’hui de bénéficier d’outils avancés d’automatisation, de scoring intelligent, et de gestion de portefeuille. L’intégration de moteurs de règles de crédit, permet une prise de décision plus rapide et mieux calibrée au profil du client. Cela a un impact direct sur la qualité de service et la maîtrise du risque.

Par ailleurs, notre démarche de digitalisation du parcours client a déjà porté ses fruits avec des solutions comme MoFinans, MoPay ou encore WhatsApp for Business, qui facilitent l’accès au crédit, la transparence des informations et la réactivité dans les échanges. Ces canaux digitaux permettent d’élargir notre couverture tout en personnalisant l’expérience client.

En ce qui concerne l’intelligence artificielle, nous l’abordons avec discernement et pragmatisme. L’IA est un levier de performance, mais aussi de responsabilisation, et son intégration se fait de manière mesurée, en ligne avec notre réalité opérationnelle.

La mutation du secteur touche également les compétences humaines. Nous avons pris le parti de développer en interne un vivier de talents, à travers des formations ciblées et un programme de montée en compétences. Cela nous permet de rester agiles et autonomes dans un environnement en constante évolution.

Pour l’année en cours, je reste prudemment optimiste. Mais la différence se jouera sur notre capacité à innover utilement, à intégrer les bonnes technologies au bon rythme, et à renforcer la confiance des clients grâce à une approche à la fois digitale, humaine et responsable.

Le Budget 2025–2026 accorde une place importante à l’intelligence artificielle dans cette volonté de repositionner Maurice en tant qu’économie numérique tournée vers l’avenir. Selon vous, dans quelle mesure cette transformation numérique peut-elle stimuler l’innovation au sein du secteur financier ou encore améliorer l’expérience client ?

La transformation numérique, portée par l’intelligence artificielle, a le potentiel de redéfinir entièrement l’expérience client et la performance du secteur financier. Elle permet de passer d’un modèle transactionnel à une relation plus fluide, personnalisée et proactive, tout en renforçant l’efficacité et la sécurité des opérations.

Cela dit, pour que cette transformation soit pleinement inclusive et soutenue, il est indispensable de poser les fondations d’une infrastructure numérique nationale solide. Cela passe par la mise en place d’une base KYC centralisée et interopérable ; un mécanisme de signature électronique simplifiée avec reconnaissance légale, et un cadre d’open banking permettant le partage sécurisé et encadré des données entre institutions.

Ces outils sont essentiels pour éliminer les frictions, accélérer les parcours digitaux, et permettre à l’IA de s’appuyer sur des données fiables et en temps réel.

Le Budget 2025–2026 va dans la bonne direction en affirmant l’ambition de faire de Maurice un hub numérique régional. Si cette volonté s’accompagne d’un cadre réglementaire agile, d’investissements ciblés en infrastructures et d’une coopération public-privé renforcée, nous pourrons franchir une nouvelle étape vers une finance plus intelligente, plus accessible et durable.

Le gouvernement a également annoncé une série de mesures destinées à renforcer les recettes fiscales, notamment par une hausse de l’imposition sur certaines entreprises. Cette approche ne risque-t-elle pas, à terme, de freiner la croissance des entreprises locales et d’affaiblir leur compétitivité à l’échelle régionale ou internationale ?

Nous comprenons la nécessité, pour l’État, d’élargir sa base fiscale afin de financer des priorités nationales majeures, comme la transition digitale, l’éducation ou la santé. Cela dit, il est essentiel que cette démarche s’accompagne d’une concertation structurée avec le secteur privé, pour éviter tout effet contre-productif sur la compétitivité.

Une fiscalité accrue, si elle n’est pas finement calibrée, peut affecter la capacité des entreprises à investir, innover et recruter, notamment dans un contexte régional très concurrentiel. Il est donc crucial de préserver un cadre équilibré.

Des leviers comme les crédits d’impôt pour l’investissement productif, l’innovation ou la digitalisation, ou encore des allègements ciblés pour les entreprises créatrices d’emploi ou tournées vers l’export, pourraient atténuer l’impact et encourager une croissance durable. C’est cette approche collaborative, entre exigence de contribution et vision de développement, qui assurera la résilience de notre économie.

Le budget met en avant la volonté stratégique de développer des secteurs à forte valeur ajoutée, comme la fintech et la finance durable. Comment percevez-vous ces orientations ?

Les orientations stratégiques du Budget 2025–2026 sont à saluer, car elles vont dans le sens d’un positionnement économique moderne, résilient et tourné vers l’avenir. Miser sur des secteurs à forte valeur ajoutée comme la fintech et la finance durable, c’est reconnaître leur rôle central dans la transformation structurelle de notre économie.

La fintech est aujourd’hui un levier d’inclusion financière, d’efficacité opérationnelle et de transparence. Elle permet de simplifier l’accès aux services financiers, d’automatiser les processus, de renforcer la gestion du risque, et d’ouvrir la voie à une meilleure expérience client.

Quant à la finance durable, elle ne constitue plus un simple avantage concurrentiel — elle devient une condition de pérennité. L’intégration des critères ESG dans les modèles économiques permet non seulement de répondre aux attentes des régulateurs et des investisseurs, mais aussi de financer la transition écologique et sociale du pays.

Ce budget constitue donc une étape structurante. Il faudra désormais veiller à l’exécution cohérente des réformes annoncées, au développement de compétences et à la création d’un environnement propice à l’innovation responsable, alliant rigueur, confiance et agilité.

En matière d’innovation, Cim Finance poursuit sa stratégie de digitalisation en développant des solutions adaptées aux besoins des consommateurs. Après le «WhatsApp for Business» ou encore l’application «MoFinans», il y a eu dernièrement le lancement de MoPay. Qu’est-ce qui a motivé le développement de ce nouveau produit financier numérique et quelle a été la réception jusqu’ici ?

Le lancement de MoPay s’inscrit pleinement dans la continuité de notre stratégie de digitalisation inclusive, centrée sur les besoins réels des consommateurs mauriciens. Après WhatsApp for Business et notre application MoFinans, nous avons voulu aller encore plus loin avec une solution 100 % digitale, simple, accessible et sans surprise, pensée pour alléger le quotidien des ménages.

La genèse de MoPay repose sur un constat clair : dans un contexte économique tendu, marqué par la pression sur le pouvoir d’achat et une hausse généralisée des prix, de nombreux clients exprimaient le besoin d’un financement souple, rapide et sans frais cachés. C’est ce besoin que nous avons choisi de résoudre avec MoPay.

Cette solution permet aux consommateurs de régler leurs achats en cinq mensualités égales sans intérêt, sans frais de dossier ni conditions complexes. Chaque client est évalué à l’aide d’un processus de scoring interne afin de préserver sa capacité de remboursement, avec un plafond d'utilisation fixé à Rs 50 000.

Au-delà de l’aspect technique, MoPay redéfinit l’expérience client dans le financement : une inscription simple, une évaluation rapide et un paiement fluide – en magasin ou en ligne. C’est un vrai changement de paradigme dans notre manière de concevoir le crédit à la consommation.

L’accueil depuis le lancement est très encourageant, tant du côté des clients que des commerçants. Nos utilisateurs apprécient la transparence et la facilité d’accès. Du côté des marchands, MoPay s’impose comme un levier commercial, en stimulant les ventes et la fidélité, tout en offrant une alternative moderne au crédit classique.

Cim Finance ambitionne également d’être un acteur de premier plan en matière de finance verte. En janvier 2022, l’entreprise a émis ses premières obligations vertes d’une valeur de Rs 500 millions. En 2023, elle devient la première entreprise à émettre des obligations vertes cotées sur la Bourse de Maurice, pour un montant total de Rs 1,1 milliard. Où en êtes-vous aujourd’hui dans cette démarche et quels sont les perspectives pour l’avenir ?

Depuis notre première émission d’obligations vertes de Rs 500 millions en janvier 2022, suivie d’une seconde émission cotée sur la Bourse de Maurice en 2023 pour Rs 1,1 milliard, nous avons franchi des étapes majeures pour positionner la durabilité au cœur de notre modèle économique.

Aujourd’hui, grâce à notre Green Bond Framework robuste, nous orientons ces fonds vers des projets à fort impact environnemental : financement de véhicules électriques et hybrides, installations photovoltaïques, ou encore équipements à haute efficacité énergétique. Ces investissements sont rendus accessibles à notre clientèle à travers des produits comme le Green Lease, qui rencontre un intérêt croissant.

Mais au-delà du financement, notre démarche repose sur une vision holistique et une responsabilité collective. En tant qu’acteur financier opérant dans un petit État insulaire vulnérable au changement climatique, nous portons la responsabilité d’accompagner la transformation du pays vers une économie durable, inclusive et tournée vers les générations futures. C’est pourquoi nous intégrons les critères ESG (environnement, social, gouvernance) dans nos décisions d’investissement, nos politiques internes et nos pratiques de gouvernance.

Nous avons aussi entrepris des actions concrètes pour réduire notre propre empreinte environnementale : optimisation énergétique de nos bâtiments, démarche d’économie circulaire, et objectif de certification LEED pour Cim House. Ces efforts illustrent notre volonté de cohérence entre nos engagements externes et nos pratiques internes.

Le groupe a par ailleurs à franchir une nouvelle étape en intégrant le SEM Sustainability Index (SEMSI). Que représente cette introduction pour vous et pour le groupe ?

L’intégration de Cim Finance au SEM Sustainability Index (SEMSI) constitue une reconnaissance majeure de notre engagement structuré et cohérent en matière de durabilité, de transparence et de gouvernance responsable.

Cette inclusion n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’un nouveau chapitre exigeant. Elle nous engage à maintenir des standards élevés, à poursuivre nos efforts d’amélioration continue, et à opérer de manière toujours plus responsable à l’égard de notre environnement, de nos collaborateurs, de nos clients et de la société au sens large.

Au-delà des aspects financiers, cette reconnaissance reflète une conviction forte : celle que le progrès économique ne peut se faire sans progrès humain et écologique.

Le SEMSI permet aux investisseurs de mieux identifier les entreprises engagées dans la durabilité. Quel impact espérez-vous en termes de visibilité et d’attractivité pour les investisseurs ?

L’indexation sur le SEMSI constitue un signal fort envoyé au marché financier. Elle augmente notre visibilité auprès des investisseurs à impact, de plus en plus nombreux à rechercher des entreprises qui conjuguent performance financière et contribution sociétale.

Nous espérons que cette reconnaissance renforcera leur confiance à l’égard de notre modèle économique, et facilitera l’accès à des financements durables (green bonds, blended finance, etc.) pour accélérer le développement de projets responsables à fort impact local.

En résumé, le SEMSI agit comme un label de confiance, qui confirme notre ambition de rester à l’avant-garde de la transformation durable, tout en consolidant notre position auprès des parties prenantes qui partagent cette même vision d’un avenir plus résilient et inclusif.

Peut-on s’attendre à ce que Cim Finance élargisse prochainement son portefeuille de projets durables ?

Absolument ! L’élargissement de notre portefeuille de projets durables est non seulement prévu, mais constitue l’un de nos axes stratégiques prioritaires.

Après avoir posé des bases solides avec nos obligations vertes, le Green Lease, , nous entrons désormais dans une phase d’accélération. Nous avons pour ambition de soutenir une transition écologique juste et accessible, en créant de nouveaux produits qui répondent aux besoins concrets de la population et des entreprises.

Depuis quelques mois déjà, nous avons élargi notre gamme verte, avec des solutions de financement dédiées à l’énergie solaire résidentielle, à l’efficacité énergétique des bâtiments ou encore aux petits équipements écologiques.

Nous travaillons aussi sur le développement de partenariats stratégiques avec des fournisseurs et institutions engagés dans la transition environnementale, pour enrichir notre offre et en faciliter l’accès.

Notre conviction est claire : la finance doit être au service d’une économie plus responsable. En élargissant notre portefeuille de projets durables, nous souhaitons jouer pleinement notre rôle de catalyseur du changement.

Cim Finance renforce également sa présence en Afrique à travers Loinette Capital, un fournisseur de crédit, et Aspira, la première application mobile de financement de produits au Kenya. Quelles sont les ambitions du groupe sur les marchés africains ?

L’Afrique constitue un axe de développement stratégique pour Cim Finance, dans un contexte où la demande pour des solutions financières accessibles, flexibles et digitalisées ne cesse de croître. C’est un continent porteur, où nous souhaitons déployer une approche structurée, pragmatique et durable.

L’acquisition de 75 % de Loinette Capital Limited en 2023 a marqué une étape clé dans cette démarche. Actif dans plusieurs pays africains, Loinette propose des financements adossés à des actifs à destination des PME, un segment vital pour les économies locales. Cette opération nous permet de poser les bases d’un ancrage régional fort, en mettant à profit notre expertise en matière de crédit responsable et structuré.

En parallèle, notre démarche avec Aspira, une application de financement de produits au Kenya, s’inscrit dans une logique d’apprentissage. Aspira, nous permet de mieux comprendre les comportements de consommation digitale sur un marché technologique avancé, d’expérimenter de nouveaux parcours clients, et d’évaluer les modèles économiques du financement mobile en contexte africain.

Revenons au marché local. Cim Finance s’engage activement en faveur des PME, en leur proposant des programmes et des solutions adaptés pour faciliter leur développement. La plateforme Noubiznes est au cœur de cet engagement. Quel bilan tirez-vous de son évolution, et comment cette initiative répond-elle aux attentes des entrepreneurs, tant en matière de financement que d’opportunités ?

Depuis son lancement en novembre 2022, Noubiznes s’est imposée comme une initiative structurante au service des PME mauriciennes. Conçue comme une plateforme d'accompagnement global, elle va bien au-delà du financement classique : elle propose un véritable écosystème de soutien entrepreneurial, combinant expertise, réseau et outils pratiques.

Noubiznes repose sur trois leviers complémentaires : une plateforme digitale riche en contenus pratiques (vidéos, articles, outils), régulièrement mise à jour ; des rencontres en présentiel (Meet Ups), favorisant l’échange, la co-création et la collaboration entre entrepreneurs ; un accompagnement personnalisé, avec des conseils d’experts et des solutions de financement adaptées.

Plus de 400 entrepreneurs ont participé à nos événements physiques, démontrant un besoin réel de proximité et de mise en réseau. Au-delà des chiffres, c’est l’impact humain qui nous inspire. Nous avons vu naître des partenariats entre PME, des transformations concrètes dans leur manière de gérer leur activité, et surtout une nouvelle confiance dans leur capacité à croître durablement.

La relation client est primordiale dans le cadre de vos activités. Comment est-ce que l’entreprise garantit un accompagnement de qualité, aligné sur les attentes des consommateurs ?

La relation client est au cœur de notre modèle de service. Nous plaçons l’écoute, la personnalisation et la réactivité au centre de chaque interaction, grâce à des équipes formées en continu, des canaux digitaux accessibles (MoFinans, MoPay, WhatsApp Business), et une culture forte du feed-back client.

Nous savons que certaines interactions – comme les appels de relance – peuvent être perçues comme intrusives ou malvenues. C’est un point que nous prenons très au sérieux : nous avons revu nos paramètres d’intervention et nous travaillons activement à les améliorer, afin de privilégier des approches plus humaines, respectueuses et préventives.

Chaque retour client est analysé et traité comme un levier d’amélioration. Nous avons mis en place des boucles de rétroaction régulières qui nous permettent de faire évoluer nos produits, simplifier nos processus et mieux anticiper les attentes. Cette démarche est intégrée à tous les niveaux – de l’expérience utilisateur jusqu’aux décisions stratégiques.

Notre objectif n’est pas simplement de satisfaire nos clients à un instant donné, mais de bâtir une relation de confiance sur le long terme. Cela signifie être présent dans les moments clés de leur vie personnelle ou professionnelle, proposer des solutions évolutives, et surtout, agir avec transparence et responsabilité.

C’est cette vision globale de l’accompagnement – à la fois humaine, technologique et proactive – qui nous permet de garantir une expérience à la hauteur des attentes, dans un monde de plus en plus exigeant et digitalisé.

 

Entretien accordé à Yarrick Bourquin de Business Magazine - No 1700 - 18 juin 2025

 

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